Rory Stokes et Ollie Beckett, gérants de portefeuille de petites capitalisations européennes, partagent leurs perspectives pour la classe d’actifs en 2021.

Principaux points à retenir :

  • L’univers des petites capitalisations est beaucoup plus vaste et beaucoup moins bien couvert que les grandes et moyennes capitalisations, et offre ainsi des opportunités extrêmement intéressantes en termes de sélection de valeurs.
  • Selon nous, l’accent mis sur la capacité des titres « value » à générer des liquidités aura beaucoup plus d’importance en 2021, lorsque le momentum des valeurs de croissance commencera à s’inverser.
  • Tandis que les questions ESG continuent de retenir l’attention, nous pensons que les petites entreprises recèlent un potentiel de performance, puisqu’elles affichent souvent des références ESG solides mais non reconnues.

Nous avons le privilège d’investir dans un secteur du marché qui recèle toujours des opportunités spécifiques et nous pensons qu’il en sera de même en 2021. Il existe cependant des observations plus générales sur le marché où nous entrevoyons de nombreuses opportunités. La première se situe sur le segment des petites capitalisations, plutôt que sur celui des moyennes ou des grandes capitalisations. Les petites capitalisations sont beaucoup moins bien couvertes que leurs homologues de plus grande taille et elles ont beaucoup moins retenu l’attention des investisseurs ces dernières années, comme le montre le graphique ci-dessous. Pourtant, elles sont nettement mieux valorisées au regard de presque tous les critères que nous examinons alors qu’en moyenne, elles ont enregistré une croissance supérieure à celle de leurs homologues de plus grande taille (l’indice MSCI Europe Small Cap a surperformé l’indice MSCI Europe Large Cap de 355 % entre janvier 2000 et le 30 novembre 2020, en devise locale)1. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des résultats futurs.

L’univers des petites capitalisations est beaucoup plus vaste et beaucoup moins bien couvert

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Source : Janus Henderson Investors, Bloomberg, au 30 novembre 2020

Les titres « value » prévaudront-ils en 2021 ?

Les titres « value » constituent une deuxième concentration d’opportunités par rapport aux valeurs de croissance. Dans l’univers des petites capitalisations, les valeurs de croissance sont aussi chères qu’elles ne l’étaient au début de nos carrières dans la gestion d’actifs et sont désormais plus chères qu’elles ne l’étaient durant le bulle technologique. Selon nous, l’accent mis sur la capacité des titres « value » à générer des liquidités aura beaucoup plus d’importance en 2021.

L’opinion de notre équipe a toujours été de cibler davantage les petites capitalisations que la plupart de nos concurrents, car nous pensons que ce segment négligé du marché est systématiquement mal valorisé. Nous pensons que les valorisations plus intéressantes et les taux de croissance des primes offerts par ces entreprises attireront de nouveaux investissements dans un contexte de marché relativement cher cette année.

Nous ne sommes pas des investisseurs « value », mais nous avons toujours appliqué une stratégie de valorisation « overlay » dans notre approche d’investissement, même si le segment « value » est clairement délaissé par les investisseurs depuis un certain temps. Cela dit, nous n’investissons pas dans un titre simplement parce qu’il est bon marché. En raison des perturbations causées par les nouvelles technologies, le marché regorge de « pièges à valeur » (value traps), c’est-à-dire des actions qui semblent bon marché parce qu’elles se négocient à des cours bas, mais qui peuvent se révéler être un « piège » si le cours de l’action de l’entreprise ne progresse pas ou baisse). Cependant, ce que nous payons pour les flux de trésorerie d’une entreprise a toujours compté pour nous et nous espérons qu’elle nous profitera en 2021.

À un niveau plus macroéconomique, nous nous attendons à ce que l’inflation fasse énormément débat en 2021. Nous pensons que les actions qui ont la capacité de gérer une dynamique plus inflationniste en raison de la force de leur produit ou service peuvent augmenter leurs prix sans mettre en péril les ventes (c’est-à-dire qu’elles ont un pouvoir de fixation des prix), et devraient bien se porter aux côtés des bénéficiaires d’une inflation plus élevée, comme les banques.

Les principaux risques que nous percevons sont : les erreurs politiques des gouvernements et des banques centrales ; les évolutions négatives dans la gestion de la crise de la COVID-19 ; et les tensions géopolitiques (principalement les relations entre les États-Unis et la Chine, dont le marché considère qu’elles vont s’améliorer suite à la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle).

La lumière sur les facteurs ESG « cachés »

Un autre thème stratégique que nous espérons voir se concrétiser est la réévaluation des facteurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) « cachés ». La tendance à un investissement plus durable est la bienvenue, d’autant plus que les petites entreprises peuvent être bien plus performantes sur le plan opérationnel et sur la base des facteurs ESG que leurs homologues de plus grande taille, mais beaucoup moins douées pour présenter les avantages pour l’environnement et la société. Ces valeurs recèlent un important potentiel de valorisation, à mesure que ces atouts sont mis en évidence.

Les enseignements de 2020

Les expériences de 2020 n’ont pas modifié notre approche de l’investissement, mais nous ont rappelé certains des principaux avantages de notre mode d’allocation des capitaux. 2020 a mis en évidence les avantages de notre investissement sur l’ensemble du cycle de vie des entreprises, avec un portefeuille équilibré composé de titres en début de cycle, de titres de croissance de qualité, de titres arrivés à maturité et de titres en redressement.

Au début de la pandémie, les entreprises en début de cycle, mieux exposées à la digitalisation et à la vente en ligne, ont bénéficié d’une accélération des tendances de croissance sous-jacentes au deuxième trimestre 2020. Dans le même temps, les valeurs plus matures et celles en phase de redressement, c’est-à-dire les entreprises qui ont enregistré de mauvaises performances mais traversent une période de redressement financier, ont réagi positivement au second semestre. Le principal enseignement que nous pouvons en tirer est que les scénarios les plus inattendus peuvent se réaliser, et qu’il est donc très important de poursuivre notre diversification au niveau des titres. En outre, l’année 2020 nous a appris que les facteurs spécifiques aux actions, tels que les mesures prises en interne ou la croissance structurelle, peuvent offrir de précieuses sources de performance en temps de crise et doivent être pris en compte lors des décisions d’investissement.

1Source : Janus Henderson Investors, DataStream, en devise locale. L’indice MSCI Europe Small Cap a enregistré une performance de 445 % entre janvier 2000 et le 30 novembre 2020, contre une performance cumulée de 90 % pour l’indice MSCI Europe Large Cap sur la même période. Les données, en devise locale, ont été recalculées sur une nouvelle base 100 au 1er janvier 2000.

Glossaire des termes

Capitalisation boursière : valeur totale de marché des émissions en circulation d’une entreprise. Elle est calculée en multipliant le nombre d’actions émises par leur cours de bourse. Ce chiffre, souvent désigné par le terme « capitalisation boursière », sert à déterminer la taille d’une entreprise.

Croissance structurelle : croissance liée à un changement radical dans le fonctionnement du marché ou de l’économie, souvent provoqué par l’évolution des tendances ou l’innovation en matière de produits et de services.

Inflation : le taux selon lequel le prix des biens et des services augmente dans une économie. L’IPC et l’IPD sont deux mesures communément utilisées.

Mesures prises en interne : opportunités prises en interne pour améliorer les perspectives d’une entreprise, telles qu’une meilleure efficacité opérationnelle, qui sont indépendantes de l’évolution de l’économie au sens large.

Titres/Investissement « value » : les investisseurs axés « value » recherchent des sociétés qui sont selon eux sous-valorisées par le marché, et dont le cours du titre devrait donc augmenter. L’une des techniques privilégiées consiste à acheter des entreprises affichant un ratio cours/bénéfices faible.

Valeurs/Investissement de croissance : les investisseurs de croissance recherchent des entreprises qui, selon eux, présentent un fort potentiel de croissance. Leurs bénéfices devraient croître à un rythme supérieur à la moyenne du reste du marché. Les investisseurs anticipent par conséquent une progression du prix de leurs actions.