Pour Jeremiah Buckley, gérant de portefeuille du fonds Janus Henderson Balanced, une vague sans précédent de ruptures technologiques a créé des opportunités d'investissement très intéressantes pour ceux qui savent où les chercher.

Le rythme des changements n’a jamais été aussi rapide qu’aujourd’hui et des ruptures se font ressentir dans tous les secteurs et toutes les régions du monde. Si ces évolutions sont sources de risques, elles ont également permis de faire émerger de nouvelles opportunités très prometteuses. Que ce soit dans nos fonds actions ou obligataires, nous apprécions tout particulièrement certains thèmes tels que l’augmentation des voyages, la transition vers l’informatique dématérialisé (cloud) et la montée en puissance des logiciels en tant que service (SaaS).

Nous avons déjà beaucoup évoqué la croissance des voyages à l’échelle mondiale, qui reste selon nous un secteur riche en opportunités en raison de l’intérêt croissant de la population mondiale pour les voyages, en particulier en Asie. Selon les Prévisions sur 20 ans relatives aux voyageurs aériens publiées en octobre 2018 par l'Association du transport aérien international (IATA), les tendances actuelles du transport aérien suggèrent que le nombre de passagers pourrait doubler et atteindre 8,2 milliards d'ici 2037. La Chine, l'Inde, l'Indonésie et la Thaïlande figureront parmi les cinq marchés aériens les plus dynamiques au monde.

Nous pensons également que la transition vers le cloud est très rentable pour les applications d’entreprise. Les dépenses mondiales en services et en infrastructures dédiés au cloud public devraient atteindre 210 milliards de dollars en 2019, soit une augmentation de 23,8 % par rapport à 2018, selon la dernière version (février 2019) du « Worldwide Semiannual Public Cloud Services Spending Guide » publié par l’International Data Corporation (IDC). Le groupe de conseil et d'études sur les marchés des technologies de l’information prévoit que ce marché enregistrera un taux de croissance annuel composé (TCAC) sur 5 ans de 22,5 % et que les dépenses annuelles dans le cloud public atteindront 370 milliards de dollars en 2022.

Nous pensons donc que les avantages économiques offerts par le cloud vont continuer à faire apparaître des opportunités, tant pour les entreprises proposant ces services que pour les équipementiers qui fournissent les infrastructures et le matériel contribuant à la croissance du cloud.

Autre secteur prometteur, celui des logiciels en tant que service (SaaS), qui ne cesse d’agrandir le marché cible des entreprises offrant des services d’abonnement.

Nous pensons que les taux et le crédit vont évoluer dans des fourchettes étroites même si des épisodes de volatilité sont probables. Il est donc prudent d’assurer une bonne diversification dans les différentes classes d’actifs obligataires et de définir une allocation mesurée au crédit. Nous allons continuer à rechercher des titres offrant une performance totale intéressante, mais nous pensons que le portage sera le principal moteur de nos performances. Nous continuons à privilégier les émetteurs dont nous sommes convaincus du potentiel, en mettant l’accent sur les modèles économiques défensifs capables de générer des flux de trésorerie réguliers, même en cas de retournement des marchés. De nouveaux discours populistes et de nouvelles incertitudes économiques vont probablement apparaître d’ici les élections présidentielles américaines prévues en novembre 2020. Parallèlement, l’évolution des relations commerciales sino-américaines reste incertaine.

Risques et obstacles

Les tensions commerciales demeurent l’un des principaux risques pesant sur les performances des actions. Les incertitudes persistantes dans ce domaine pourraient obliger les entreprises à réduire leurs dépenses d'investissement. Ces guerres commerciales pénalisent manifestement l’économie mondiale ainsi que les échanges. Compte tenu des gains importants des actions lors des cinq premiers mois de l’année, nous restons vigilants face au risque de pause, voire de baisse, des marchés. Les actions ont profité de la faiblesse des taux d’intérêt et du nouvel assouplissement de la politique de la Réserve fédérale américaine, mais l’environnement de taux bas s’explique en grande partie par les craintes de ralentissement de la conjoncture économique et d’atonie globale de l’inflation.

Il s’agit du principal risque qui nous inquiète au quotidien et c’est pourquoi nous surveillons de près notre exposition aux actions. Nous aimerions que les négociations commerciales débouchent sur une issue favorable, qui redonnerait confiance aux entreprises et dissiperait les incertitudes susceptibles de perturber le cycle d’investissement.

Pour l’instant, priorité au marché américain

Nous avons la flexibilité nécessaire pour investir en dehors des États-Unis, et c’est ce que nous avons fait à plusieurs reprises.  Quelle que soit la domiciliation des entreprises, celles que nous privilégions sont toujours exposées à l’international. Nous investissons sur des marchés étrangers lorsque les profils risque-rendement des entreprises sont supérieurs à ceux des sociétés américaines. Compte tenu des tendances macroéconomiques décevantes en Europe, les valeurs de croissance de la région présentent une prime de valorisation très élevée liée à leur valeur de rareté. C’est pourquoi nous décelons de meilleures opportunités sur le territoire américain, où nous sommes optimistes concernant les flux de trésorerie et le rendement du dividende.  Le rendement du dividende actuel de l’indice S&P500 est proche de 2 %, un niveau intéressant pour les actionnaires. Selon nous, les flux de trésorerie normalisés sont bien supérieurs à cela, ce qui donne aux entreprises la latitude de réinvestir dans leur activité ou d’envisager de rémunérer les investisseurs. Nous observons également de nombreux rachats de titres qui d'après nous devraient créer de la valeur pour les actionnaires.

A l'avenir

Il existe selon nous des thématiques très intéressantes sur les marchés actions et obligataires que nous allons pouvoir exploiter sur le long terme, malgré des tendances très changeantes, des habitudes qui évoluent et des événements géopolitiques. Le fait de bien connaître les secteurs et les modèles économiques des entreprises et de mener une recherche minutieuse et rigoureuse sont deux éléments clés permettant d’aider les investisseurs à profiter des changements en cours.