Hamish Chamberlayne, gérant de portefeuille et responsable des actions durables internationales, discute les principaux faits marquants du troisième trimestre 2020 en matière de développement durable et présente la performance de la stratégie.

 Principaux points à retenir :

  • L’Union européenne (UE) et le gouvernement chinois ont chacun annoncé de nouvelles mesures de réduction des émissions de carbone, puisque l’UE a fait part de son intention de réduire ses émissions de carbone de 55 % d’ici 2030 tandis que la Chine vise la neutralité carbone d’ici 2060.
  • Au cours du trimestre, l’indice MSCI World a vu le secteur des technologies de l’information surperformer, tandis que le secteur de l’énergie a chuté de plus de 15 %.
  • L’adoption rapide des tendances en matière de numérique contribue à réduire certains des impacts environnementaux négatifs causés par l’activité économique, mais il nous semble toujours urgent d’accélérer les investissements en faveur de la transition énergétique.

Pendant le confinement, il était parfois difficile de mesurer l’effet considérable que la COVID-19 avait sur l’économie mondiale en nous forçant à nous réfugier chez nous et à utiliser Internet dans une mesure jamais vue auparavant. Si la numérisation est selon nous l’une des tendances fortes en matière d’investissement depuis plusieurs années, la pandémie l’a indéniablement accélérée et nous estimons que la numérisation sera l’un des principaux vecteurs de performance des dix prochaines années. La transition vers une énergie bas carbone est étroitement liée à la numérisation. Cette année a également été porteuse pour cette tendance, avec une volonté politique manifeste d’investir dans les énergies renouvelables, l’électrification des transports, les technologies à haute efficacité énergétique et les infrastructures durables. Nous avons été heureux de voir les mesures de relance budgétaire s’orienter vers des projets verts qui rejoignent notre philosophie d’investissement en matière de développement durable, d’innovation et de croissance cumulée à long terme.

Des avancées politiques vers un monde à faibles émissions de carbone

L’Union européenne (UE) a affecté 30 % des 750 milliards d’euros de son plan de relance pour faire face à la pandémie de COVID-19 à des projets durables, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et de leur stockage, des bâtiments durables et des transports publics. La nouvelle présidente de l’UE a également insufflé un nouvel élan en annonçant son ambition de réduire les émissions d’au moins 55 % d’ici 2030, au lieu des 40 % précédemment visés. Parmi les autres bonnes nouvelles, la Chine s’est engagée à plafonner ses émissions de carbone d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. La Chine est la deuxième puissance économique mondiale et le premier émetteur de CO2. Cette annonce constitue donc un grand pas vers une économie mondiale durable et nous espérons que ces objectifs pourront être rapidement atteints et dépassés.

Nous avons également vu plus de 20 pays annoncer des dates limites pour la vente de moteurs à combustion interne. La tendance générale est de ramener les objectifs de décarbonation d’un vague point situé au milieu du siècle vers l’échéance très concrète de 2030, ce qui nous promet une décennie d’innovation.

Au troisième trimestre, l’activité économique mondiale a commencé à redémarrer, dans la mesure où les gouvernements ont dû trouver un équilibre entre la nécessité de rouvrir les pays et la lutte contre la pandémie de COVID-19. Dans ce contexte, les marchés actions mondiaux ont terminé le trimestre en hausse et l’indice MSCI World a enregistré une performance totale de 7,9 % en dollars américains. Les secteurs les plus performants ont été les technologies de l’information, la consommation discrétionnaire et l’industrie, tandis que les secteurs de l’énergie, de la finance et de l’immobilier ont sous-performé, avec un recul de plus de 15 % pour le secteur de l’énergie.

La transition énergétique, source de surperformance

Notre répartition sectorielle a contribué à la performance de la stratégie, avec une surpondération des technologies de l’information et une sous-pondération de l’énergie, mais notre sélection de titres a été le principal facteur de surperformance au cours du trimestre. Il est à noter que dans la liste de nos dix principaux contributeurs, il n’y avait qu’une seule valeur technologique, ce qui démontre la diversité et la richesse de notre portefeuille. Nous avons constaté une forte performance de nos investissements qui sont exposés à la transition énergétique, notamment les sociétés Boralex et Innergex, qui développent des énergies renouvelables, la société Nidec, qui produit des moteurs électriques efficaces, Kingspan, qui fabrique des matériaux de construction à faible teneur en carbone, et Xylem, qui développe des technologies et des infrastructures dans le domaine de l’eau.

La société Tesla a été le principal contributeur à la performance de la stratégie. Cette année, elle a été la seule grande entreprise automobile mondiale à enregistrer une croissance de son chiffre d’affaires. Elle a d’ailleurs franchi une étape importante au cours de ce trimestre en affichant un quatrième trimestre consécutif de rentabilité, ce qui lui a permis d’entrer dans l’indice S&P 500. Tesla est très bien positionnée pour ce qui est de la transition énergétique et sa stratégie de croissance pour la décennie à venir est extrêmement ambitieuse. Salesforce est un autre contributeur important. L’entreprise a fait état d’une plus grande adoption de sa plateforme basée sur le cloud, ses clients ayant accéléré leurs stratégies de transformation numérique. Notre approche d’investissement nous amène à rechercher des entreprises qui réunissent les attributs financiers de la croissance et de la résilience. Les résultats de Salesforce démontrent clairement que l’entreprise appartient à cette catégorie, avec d’excellents résultats pour le deuxième trimestre qui ont entraîné une hausse de 25 % du cours de l’action au lendemain de leur annonce.

Les actions de notre thème « Qualité de la vie » ont également enregistré de bons résultats, dans la mesure où certaines d’entre elles ont tiré profit du virage vers le commerce électronique et la distribution numérique directe. Ainsi, Nintendo a vu plus de clients effectuer leurs achats directement sur la boutique en ligne de la société, tandis qu’Adidas a rebondi après l’interruption liée à la COVID-19 et a enregistré une forte croissance de ses ventes en ligne.

Les principaux freins à notre performance relative sont venus de l’extérieur du portefeuille, puisque nous ne détenons ni Apple, ni Amazon, ni Nvidia, qui ont enregistré de fortes performances. Au sein de notre portefeuille, la sous-performance provient principalement de nos participations dans le secteur des technologies. La société ASML a été affectée par la reprise de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, tandis que certaines de nos sociétés de logiciels, telles qu’Autodesk et Avalara, ont subi des prises de bénéfices après avoir enregistré d’excellentes performances au cours du premier semestre.

La numérisation peut-elle limiter les dommages écologiques dus à l’activité économique ?

Le monde est encore en train de se débattre pour essayer de lever les mesures de confinement, mais celles-ci continuent d’avoir un impact sur les secteurs de l’économie qui dépendent du rassemblement physique des gens. En revanche, nous constatons que la numérisation s’accélère. Bien qu’elles soient favorisées par la COVID-19, nous nous attendons à ce que bon nombre de ces tendances numériques persistent, puisque les gens apprécient la facilité d’utilisation, la productivité accrue et l’efficacité qu’offre la numérisation.

L’adoption de ces tendances numériques, que nous considérons comme complémentaires à la réduction des effets négatifs de l’activité économique sur l’environnement, est encourageante, mais la fréquence et la gravité croissantes des catastrophes liées au climat nous rappellent qu’il est urgent d’accélérer les investissements consacrés à la transition énergétique. Par chance, la pandémie ne semble pas avoir eu d’impact négatif important. Une véritable dynamique se met en place pour soutenir cette transition, grâce à des innovations commerciales passionnantes dans le secteur technologique des énergies vertes, associées à un solide appui réglementaire de la part de nombreux gouvernements.

Cette innovation n’est nulle part plus évidente que dans la récente note de Tesla, qui a défini un plan d’investissement précis pour accélérer l’adoption des véhicules électriques et des énergies vertes. D’ici 2030, l’objectif de Tesla est de produire plusieurs térawatts de batteries afin de permettre la production de 20 millions de véhicules électriques abordables par an et la construction d’installations de stockage d’énergie à grande échelle pour soutenir les systèmes d’énergie renouvelable. Selon nous, la vision ambitieuse de Tesla devrait permettre de déclencher une autre vague d’investissements dans les secteurs de l’automobile et de l’énergie.

L’année 2020 a été éprouvante, mais nous sommes convaincus que l’économie mondiale sortira de cette pandémie plus résistante et sur une trajectoire plus durable qu’auparavant. Plutôt que de le remettre en cause, nous espérons que cette crise démontrera tout l’intérêt de l’investissement durable et sa capacité à engendrer de meilleurs résultats, non seulement pour les investisseurs, mais aussi pour l’environnement et la société tout entière.