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Janus Henderson Global Fixed Income Compass

Les équipes en charge de la gestion obligataire chez Janus Henderson nous livrent leurs analyses des principaux facteurs influençant les marchés, en vue d’aider les clients à traverser le trimestre à venir.

Themes abordés

Thèmes abordés

Par Jim Cielinksi, Responsable mondial de la gestion obligataire

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La courbe des taux américains est-elle toujours un indicateur fiable de l’imminence d’une récession ?

La courbe des taux américains a été un bon indicateur de récession lorsqu’elle était accompagnée d’une détérioration d’autres facteurs comme la faiblesse de la consommation, la chute de l’inflation ou les mauvais chiffres de l’emploi. En l’occurrence, les preuves sont assez inégales. À l’heure actuelle, la courbe est probablement un indicateur fiable d’un ralentissement, que nous observons actuellement, mais pas d’une récession.

La courbe est un peu particulière dans sa phase actuelle, certains aspects de son comportement durant le cycle étant conditionnés par les banques centrales. En plus de la faiblesse des anticipations en matière d’inflation et de croissance, nous savons que les banques centrales ont tendance à acheter davantage d’obligations et à abaisser leurs taux. Ces éléments, lorsqu’on les examine conjointement aux variables économiques, sont de puissants facteurs d’abaissement de la courbe des taux.

La poursuite de la politique de taux négatifs de la BCE sera-t-elle efficace, ou est-il temps que la politique budgétaire prenne le relais en matière de relance ?

Les marchés nous indiquent que la politique fiscale doit jouer son rôle. Néanmoins, la Banque centrale européenne (BCE) fera ce qu’elle a à faire, probablement en ayant recours aux mêmes astuces que lors du dernier cycle, simplement parce qu’elle ne peut rien faire d’autre dans le cadre de ses attributions. Est-ce susceptible d’être efficace ? Je ne le pense pas, pour les mêmes raisons qui ont expliqué son inefficacité la première fois. De plus, les taux négatifs ont des effets secondaires néfastes, notamment sur la rentabilité des banques. La fonction de création de crédit, qui trouve son origine dans le système bancaire, perd tout son sens dans un environnement de taux négatifs. Et en fin de compte, la création de crédit privé est nécessaire pour sortir l’économie de l’ornière.

Comment en sommes-nous arrivés au montant de 15 000 milliards de dollars de titres de dette servant des rendements négatifs à l’échelle mondiale ?

C’est un chiffre effarant, mais l’évolution vers des taux négatifs a duré 30 ans. Elle n’est pas seulement le symptôme actuel d’une faible croissance. L’insuffisance de la demande et l’endettement excessif ont entravé la création de crédit nécessaire pour faire grimper les taux d’intérêt dans l’économie actuelle. Cette situation, conjuguée à l’inefficacité de la politique de la banque centrale, a entraîné des taux négatifs. Nous savons qu’en dehors des baisses de taux auxquelles elles ont recours aujourd’hui, les banques centrales n'ont guère d’autres outils à leur disposition. Une fois que ces taux atteignent zéro, l’achat d’obligations, le plafonnement des taux ou la poursuite des programmes d’assouplissement quantitatif (QE) ad libitum est leur seule tactique réellement disponible.

Ces questions sont de nature structurelle, de sorte qu’il est peu probable d’assister à un revirement soudain, sauf peut-être sur une base cyclique à court terme. Cela peut sembler étrange à certains, mais les taux négatifs ne devraient pas disparaître de sitôt.

Quelles sont les conséquences d’une politique monétaire très accommodante sur la liquidité du marché ?

L’argent facile est souvent associé à une hausse de la liquidité, alors qu’il s’agit d’un phénomène économique. Or, la politique accommodante des banques centrales fausse souvent les marchés. L’assouplissement quantitatif a pour effet d’absorber l’offre, ce qui entraîne une réduction de la liquidité du marché. Cependant, il est important de se rappeler que l’illiquidité n’est pas synonyme de faiblesse. L’illiquidité peut également se traduire par une hausse des prix, car les achats d’actifs faussent les marchés.

L’assouplissement quantitatif étant l’une des principales armes à la disposition des banques centrales, je pense que la liquidité du marché va demeurer incertaine au cours des douze prochains mois. Les investisseurs doivent se tenir prêts à faire face à des pics de volatilité, à la hausse comme à la baisse, mais éviter de réagir de façon excessive. Il est assez fréquent, durant ces périodes, que la peur n’influence la prise de décision, mais une approche plus prudente consiste à se concentrer sur l’horizon à moyen et à long terme. Dans la plupart des cas, il convient de se demander : « S’agit-il d’une véritable évolution des fondamentaux ou d’un événement de liquidité sur le marché ? » Dans le dernier cas, restez calme.

Compte tenu du contexte, les obligations ont-elles encore leur place dans les portefeuilles des investisseurs ?

Lorsque j’observe la valorisation des obligations actuellement, il est difficile d’affirmer que zéro offre un potentiel haussier significatif. Cela dit, les rendements obligataires peuvent basculer encore davantage en territoire négatif, ce qui peut encore entraîner une appréciation du capital. Cependant, la réalité est que les anticipations des investisseurs en matière de performance devraient probablement être revues à la baisse. Je recommande aux investisseurs d’examiner les leurs attentivement et, tout aussi important, de se demander pourquoi ils détiennent des obligations. En tant qu’investisseur obligataire, je commence souvent par chiffrer le revenu que je souhaite, le niveau de volatilité que je peux supporter et le degré de diversification je désire par rapport aux autres actifs de mon portefeuille ?

La composante revenu des obligations est assez faible. Toutefois, il subsiste des poches d’où l’on peut dégager des revenus, surtout si les investisseurs sont prêts à accepter un certain degré de volatilité : la dette émergente, les obligations d’entreprises Investment Grade et les obligations à haut rendement. Les taux de défaut demeurent faibles, ce qui permet à certaines de ces classes d’actifs de conserver leur attrait. Le crédit titrisé peut aussi offrir des sources de rendement intéressantes et relativement défensives. Mais, sans aucun doute, le potentiel de rendement nominal est plus limité dans l’ensemble des segments obligataires.

Pour le reste, j’entends dire depuis des années que les obligations n’offrent plus d’avantages en termes de diversification. Pourtant, dans les environnements d’aversion au risque, les obligations rebondissent, ce qui me porte à croire qu’elles remplissent précisément cette fonction. Un examen des résultats des différentes obligations suggère que la plupart des produits obligataires ont encore un rôle légitime à jouer au sein d'un portefeuille diversifié.

La réalité est que les anticipations en matière de performance devraient probablement être revues à la baisse. Je recommande aux investisseurs d’examiner les leurs attentivement et, tout aussi important, de se demander pourquoi ils détiennent des obligations.

 

Notes de bas de page : thématiques à surveiller

La diversification ne garantit pas un bénéfice et n’élimine pas non plus le risque de perte.

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Déceler des opportunités sur les marchés obligataires dans un environnement de taux négatifs

Jim Cielinski, Responsable mondial de la gestion obligataire, partage son point de vue sur certains des principaux facteurs macroéconomiques qui influencent les marchés obligataires.

Principaux points à retenir :

  • La courbe des taux américains a été un bon indicateur de récession lorsqu’elle s'est accompagnée d’autres facteurs tels qu’une consommation faible, une chute de l’inflation, une baisse du nombre d’emplois ou un taux de chômage élevé. Toutefois, comme peu de ces signes sont présents, la courbe semble présenter des caractéristiques particulières à l’heure actuelle.
  • Les titres de dette servant des rendements négatifs ont grimpé en flèche pour atteindre un montant d’environ 15 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas seulement d’un symptôme de faible croissance économique, mais aussi d’une demande insuffisante et d’un niveau d’endettement excessif, ainsi que du fait que les banques centrales ne disposent pas de tous les outils nécessaires pour mener à bien leur politique monétaire.
  • Dans ce contexte, les investisseurs peuvent se demander si la présence d’obligations dans leur portefeuille se justifie encore. Bien que leur composante revenu soit nettement réduite, nous pensons que les obligations continuent de jouer un rôle légitime en tant que source de diversification, en particulier sur les marchés en proie à l’aversion au risque.

PERSPECTIVES DE NOS
ÉQUIPES MONDIALES

Obligations internationales

Nos principaux gérants de portefeuille d'obligations mondiales répondent aux questions les plus courantes des investisseurs sur les perspectives économiques mondiales.

Obligataire stratégique

John Pattullo, co-responsable de la gestion obligataire stratégique, explore le phénomène des obligations à rendement négatif: comment elles sont apparues, pourquoi les acheter et si elles sont faites pour durer.

PRODUITS TITRISÉS

Les membres de l’équipe Dette titrisée dévoilent les caractéristiques des marchés du crédit structuré et expliquent pourquoi ceux-ci peuvent présenter un attrait pour les investisseurs en quête de revenus et de diversification par rapport à d’autres actifs obligataires.

Obligations d’entreprise

Les spécialistes de l'équipe dédiée aux obligations d’entreprises de Janus Henderson examinent certains des facteurs à l'origine du changement dans le secteur de l'énergie, les répercussions à long terme de ce changement et l'interaction entre les secteurs.

LEADERSHIP DE LA GESTION OBLIGATAIRE

Jim Cielinski, Responsable mondial de la gestion obligataire, se penche sur le rôle des obligations dans un contexte de taux négatifs.

Nos solutions en
gestion obligataire

Le pôle obligataire de Janus Henderson apporte des solutions de gestion active pour aider les clients à atteindre leurs objectifs d’investissement. Au cours des quatre dernières décennies, nos équipes mondiales d'investissement ont développé une vaste gamme de produits et de solutions répondant aux différents besoins des clients et à leurs évolutions. De l’investissement sur les principaux marchés aux stratégies multi-sectorielles, en passant par des mandats plus spécialisés, nous proposons des techniques innovantes, différenciées, et conçues spécifiquement pour accompagner nos clients dans leur parcours au travers de chaque cycle économique. Les solutions de ces équipes sont disponibles sous la forme de stratégies individuelles ou d’une combinaison de solutions sur mesure.

Alors que le partage des connaissances entre les équipes et les régions encourage la collaboration et le débat sur les idées d'investissement, nos équipes d'investissement ne sont pas contraintes par une vue maison top-down. En revanche, chaque équipe conserve un degré prédéfini de flexibilité au sein d’une construction disciplinée de portefeuille. Nos processus de construction de portefeuille sont régis par un cadre rigoureux de gestion des risques destiné à obtenir des performances supérieures après prise en compte du risque. En outre, nous considérons que la transparence constitue le fondement de véritables partenariats avec nos clients. Nous cherchons ainsi à gagner et conserver leur confiance en offrant des processus d'investissement robustes et reproductibles, ainsi qu’en leur apportant les analyses de première main réalisées par nos équipes de gestion.

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