Les signaux donnés par le marché des options sur l’orientation à court terme des classes d'actifs montrent que selon les investisseurs, les banques centrales vont revenir sur leurs mesures de resserrement monétaire afin de soutenir une économie mondiale désormais en proie à un choc géopolitique majeur.

Principaux points à retenir :

  • En mesurant les anticipations de volatilité haussière et baissière, les marchés des options émettent de puissants signaux quant à l’orientation à court/moyen terme des différentes classes d'actifs.
  • À partir de ces indications, il semble que dans le sillage de la crise en Ukraine, les options anticipent un net ralentissement du rythme de resserrement des politiques monétaires.
  • Des segments de marché comme les actions américaines et les obligations à duration courte, vulnérables à la hausse des taux, pourraient à la place connaître une plus grande volatilité haussière, selon les signaux adressés par les options.

La crise en Ukraine étant entrée dans le dur avec un véritable conflit armé, nous avons voulu nous pencher sur la situation du marché des options afin de déterminer si celui-ci anticipe plus de volatilité haussière ou baissière. Il s’avère que même si le risque géopolitique crée un risque de marché accru (ce qui est défavorable), le resserrement agressif des politiques monétaires que les investisseurs redoutaient ces derniers mois devient une probabilité plus éloignée, une issue qui serait alors bénéfique pour les classes d'actifs les plus sensibles à la hausse des taux. Sur le marché des options, la balance penche du côté d'une volatilité haussière dans des régions où les banques centrales prévoyaient un resserrement monétaire radical, comme les États-Unis. Les investisseurs estiment désormais que le durcissement des politiques monétaires sera beaucoup plus modéré.

Sans surprise, les signaux basés sur les options augurent une plus forte volatilité des actions. De manière intéressante, cette volatilité serait principalement haussière pour les actions américaines, selon le marché. Mais l’inverse prévaudrait dans le reste du monde, en particulier en Asie et dans les pays émergents, comme en attestent les graphiques ci-dessous, représentant le ratio attendu de volatilité haussière divisée par la volatilité baissière par rapport aux niveaux historiques. L'augmentation de la volatilité haussière prévue sur certains marchés actions reflète probablement les prévisions d'un inversement du resserrement monétaire planifié avant la crise en Ukraine par les banques centrales (notamment la Fed) qui doivent maintenant manœuvrer avec plus de prudence. Déjà, le nombre de relèvements des taux de la Fed anticipés à sa réunion de mars est passé de 1,8 il y a deux semaines à 1,2.

Pour les mêmes raisons, les obligations souveraines sont désormais plus attractives, à en juger par les marchés des options. En particulier en Europe. Dans le contexte actuel, les risques d’un retrait de liquidités trop brutal sont tout simplement trop élevés. Aux États-Unis, le marché des options situe la volatilité des bons du Trésor à échéance courte (moins de cinq ans) sur une trajectoire plutôt haussière par rapport à l'échéance 30 ans. Une posture moins agressive de la Fed donnerait en effet lieu à moins de relèvements de taux, ce dont les bons du Trésor à court terme seraient les principaux bénéficiaires. Enfin, la situation pourrait freiner les obligations à longue échéance, en raison de la hausse des anticipations d'inflation. Le marché des options indique déjà une attractivité supérieure à la moyenne pour les bons du Trésor à 5 ans, et l’inverse pour l'échéance à 30 ans.

De plus, les options continuent d’attribuer une plus forte volatilité haussière au pétrole, ainsi qu’une meilleure attractivité à l’or. En tant qu’actif réel, le métal jaune pourrait éventuellement bénéficier d’un rythme de resserrement monétaire plus tempéré, qui limiterait la hausse des taux d'intérêt réels.

Les forces du « bien » et du « mal » se déploient simultanément en ce moment. La guerre est un acte ignoble qui bouleverse des vies humaines. En reconnaissance de ce fait, les banques centrales adopteront une approche beaucoup plus mesurée dans l’augmentation du coût du capital. À côté de cet horrible prix à payer, un resserrement tempéré des politiques monétaires pourrait fournir aux marchés le soutien nécessaire en cette époque par ailleurs incertaine, plus particulièrement dans des segments comme les actions américaines et les obligations mondiales, dont les prix anticipent un durcissement agressif.

Les « boîtes à moustache » ci-dessous représentent le ratio de Sharpe « basé sur les extrêmes », qui correspond au ratio des anticipations de gains extrêmes par rapport aux anticipations de pertes extrêmes pour différentes classes d'actifs. Les zones en gris représentent la fourchette inter-quartile de ce ratio au cours des trois dernières années d'observations quotidiennes. La ligne figurant sur la zone en gris trace la valeur médiane. Le point bleu représente le ratio de Sharpe « basé sur les extrêmes » il y a un mois. Et enfin, le point rouge correspond au niveau actuel de ce ratio de Sharpe « basé sur les extrêmes ». Plus le point rouge est haut, plus l’actif est intéressant.

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Actions Monde

global equities

Source : Janus Henderson Investors, données du 23 février 2022.

Obligations

fixed income

Source : Janus Henderson Investors, données du 23 février 2022.

Courbe des taux des obligations

fixed income yield curve

Source : Janus Henderson Investors, données du 23 février 2022.

Matières premières

commodities

Source : Janus Henderson Investors, données du 23 février 2022.

Glossaire

La duration mesure la sensibilité des obligations aux variations des taux d’intérêt. Plus la duration d’une obligation est élevée, plus celle-ci est sensible aux variations des taux d’intérêt et vice versa.
L’indice EURO STOXX 50® représente les plus grandes entreprises parmi les leaders supersectoriels de la zone euro. Il contient 50 titres dans 11 pays de la zone euro : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie, la Finlande, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.
L’indice Nikkei 225 reflète la performance du marché actions japonais. Il contient 225 des plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Tokyo.
Lindice S&P 500® reflète la performance des actions américaines de grande capitalisation et est représentatif de la performance des marchés actions américains.
Le ratio de Sharpe mesure la performance ajustée du risque à l’aide des rendements excédentaires par rapport au taux « sans risque » et à la volatilité de ces rendements. Plus le ratio est élevé, plus le rendement par unité de risque est important.
La volatilité mesure le risque en utilisant la dispersion des performances pour un investissement donné.

Les titres de participation sont soumis à des risques, y compris le risque de marché. Les performances fluctueront en fonction des évolutions de l'émetteur, de la politique et de l'économie.
Les titres obligataires sont soumis aux risques de taux d’intérêt, d’inflation, de crédit et de défaut. Le marché obligataire est volatil. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le prix des obligations baisse généralement, et vice versa.  Le remboursement du capital n’est pas garanti et les prix peuvent baisser si un émetteur n’honore pas ses paiements en temps voulu ou si sa solidité financière se détériore.
Historiquement, les investissements sur les marchés émergents sont sujets à des gains et/ou pertes plus importants. Ainsi, les performances peuvent être volatiles. Les matières premières (comme le pétrole, les métaux et les produits agricoles) et les titres liés à des matières premières sont soumis à davantage de volatilité et de risque, et peuvent ne pas convenir à tous les investisseurs. Le marché des matières premières est spéculatif et peut être influencé par des facteurs incluant les mouvements de marché, les événements économiques et politiques, les perturbations d'offre et de demande, la situation météorologique et sanitaire, ou les embargos.