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En bref : Le Venezuela marque le dernier chapitre du réalignement mondial

Que signifient pour les investisseurs l'action des États-Unis et le changement présidentiel au Venezuela ? Alex Veroude, Lucas Klein et Seth Meyer, de Janus Henderson, partagent leur analyse.

Les drapeaux nationaux des États-Unis et du Venezuela sont représentés sur une surface en béton brut et vieilli.
5 janvier 2026
4 minutes de lecture

Principaux points à retenir :​

  • Nous prévoyons un impact limité sur le marché à court terme, les entreprises ayant besoin de plus de temps pour voir si un régime favorable à l'Occident émerge au Venezuela avant que des opportunités d'investissement sélectives ne se présentent.
  • Un assouplissement potentiel des sanctions et des investissements étrangers pourrait relancer le vaste secteur énergétique du Venezuela, avec des conséquences sur l’offre mondiale de pétrole, les prix et la sécurité énergétique.
  • Des changements géopolitiques à plus long terme pourraient entraîner un retour de « sphères d'influence » mondiales dominées par les puissances régionales.

L’action audacieuse des États-Unis visant à extraire le président Maduro du Venezuela pour qu’il réponde à des accusations sur leur sol a choqué le monde, mais ce n’est pas la première fois que Washington intervient dans les affaires d’autres pays, et il est peu probable que ce soit la dernière. Bien que ce développement revête une portée symbolique, son impact immédiat sur les marchés mondiaux devrait rester limité. L’enjeu majeur pourrait résider dans ce que cela signifie à plus long terme, en tant que composante d’un moteur macroéconomique plus large de réalignement géopolitique.

Fluctuations à court terme sur les marchés

L’impact malheureux des difficultés économiques et politiques que le Venezuela subit depuis deux décennies, aggravées par les sanctions, a conduit de nombreuses entreprises des marchés développés à se retirer complètement du pays. Pour les quelques titres ayant une exposition résiduelle au Venezuela (par exemple Chevron, Repsol, Telefónica) un cadre politique plus stable pourrait offrir un soulagement progressif.

À court terme, les obligations vénézuéliennes pourraient bénéficier d’un soutien initial, les marchés intégrant la perspective d’une normalisation des politiques (en supposant que le pays évite le chaos – les premières indications laissent penser que les États-Unis pourraient être disposés à travailler de manière pragmatique avec les autorités vénézuéliennes en place après les difficultés rencontrées en Irak et en Afghanistan). Les marchés pétroliers pourraient également réagir, mais pas forcément dans le sens attendu. L’incertitude géopolitique entraîne souvent des prix à la hausse, une augmentation éventuelle de l’offre vénézuélienne exercerait une pression baissière sur les prix brut – une fois les routes maritimes stabilisées et les voies de levée des sanctions clarifiées.

Realimenter l’offre mondiale : pourquoi le Venezuela importe tant

Bien que le Venezuela détienne les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, sa production s’est effondrée, passant d’environ 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à moins d’un tiers de ce volume ces dernières années.1 Les sanctions, le sous-investissement chronique et la détérioration des infrastructures ont fortement réduit la production.

L'attrait avéré du Venezuela
Réserves prouvées de pétrole brut par pays (en milliards de barils)

Le graphique présente les réserves prouvées de pétrole brut de dix grands pays producteurs de pétrole. Les informations sont présentées sous la forme d’un simple classement des réserves les plus grandes vers les plus petites. Le Venezuela occupe la première place avec 303 milliards de barils, ce qui en fait le pays possédant les plus grandes réserves connues de pétrole. L’Arabie saoudite suit avec 267 milliards de barils, et l’Iran suit avec 208 milliards de barils. L'Irak occupe la quatrième place avec 145 milliards de barils, tandis que les Émirats Arabes Unis détiennent 113 milliards de barils. Le Koweït se classe juste derrière avec 102 milliards de barils. Plus loin, la Russie possède 80 milliards de barils et la Libye 48 milliards de barils. Les États-Unis figurent presque en bas de la liste avec 45 milliards de barils, et le Nigeria a le total le plus faible parmi ceux indiqués, avec 37 milliards de barils.

Source : Bulletin statistique annuel de l'OPEP 2025, réserves prouvées de pétrole brut par pays à fin 2024. À l'exclusion des sables bitumineux. Il n’y a aucune garantie que les tendances passées se poursuivront ou que les prévisions se réaliseront.

Une transition vers un gouvernement pro-occidental pourrait alléger les sanctions, permettre les investissements étrangers (bien que cela puisse nécessiter un changement d’attitude du régime actuel du Venezuela ou un changement de régime complet) et augmenter la production. Il est possible que, grâce à une aide extérieure et à des conditions politiques favorables, le Venezuela puisse doubler sa production pour atteindre 2 millions de barils/jour d’ici deux ans2 et nettement plus à long terme. Une telle expansion modifierait l’équilibre pétrolier mondial. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le fait que le Venezuela passe sous l’égide des États-Unis pourrait améliorer la sécurité énergétique pour les États-Unis et, par extension, pour l’Occident.

Répercussions politiques à long terme - attention nouvelle aux sphères d'influence

Au-delà des considérations de marché immédiates, le changement de cap au Venezuela pourrait avoir des conséquences géopolitiques à plus long terme. Si les États-Unis s'affirment de manière unilatérale pour faire progresser des objectifs économiques ou politiques, cela pourrait créer un précédent qui se répercuterait sur d'autres régions. Cela rend également plus difficile pour les États-Unis de condamner des actions similaires par d’autres à l’avenir.

Un retour à un monde de « sphères d'influence » délimitées est plausible : la Chine exerce une domination en Asie, les États-Unis renforcent leur position dans les Amériques et l'Europe continue de gérer une dynamique complexe avec la Russie. La transition du Venezuela pourrait donc n’être que le microcosme d’un réalignement mondial plus large et auquel les investisseurs pourraient avoir besoin de s’adapter activement.

Perspectives

Il est peu probable que le changement politique au Venezuela entraîne une revalorisation générale du marché à très court terme. Pourtant, ses conséquences - sur l'approvisionnement en énergie, les obligations souveraines des marchés émergents, les tensions géopolitiques et la diversification des chaînes d'approvisionnement - méritent une attention particulière.

1Source : Bulletin statistique annuel de l'OPEP 2025.
2Source : Wood Mackenzie, « What could change in Venezuela mean for oil production? », 5 décembre 2025.
Il n’y a aucune garantie que les tendances passées se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront.

Les références à des titres individuels ne constituent pas une recommandation d’achat, de vente ou de détention d’un titre, d’une stratégie d’investissement ou d’un secteur, et ne sauraient être considérées comme rentables. Janus Henderson Investors, son conseiller affilié, ou ses employés peuvent détenir une position dans les titres mentionnés.

 

Hegemon: Une personne dominante ou un pays qui détient un pouvoir et une influence importants sur les autres.

Sanction: Les sanctions, dans la loi et la définition juridique, sont des pénalités ou d’autres moyens d’application utilisés pour inciter à se conformer à la loi ou à d’autres règles et réglementations. Les sanctions économiques ou commerciales sont des pénalités visant à modifier la politique ou le comportement d'un pays, par le biais d'outils tels que des restrictions sur le commerce ou la circulation des capitaux.

Ssphère d’influence: pays ou région dans lequel un autre pays a le pouvoir d’influer sur les événements, même s’il n’a aucune autorité formelle.

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