Maintenir la flexibilité des portefeuilles obligataires au vu du ralentissement de la croissance mondiale

05/06/2018

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Le gérant Nick Maroutsos explique pourquoi le ralentissement de la croissance économique mondiale pourrait conduire les banques centrales à passer à côté de la normalisation de leurs politiques et pourquoi un cycle économique moins synchrone peut être source d'opportunités.

Comment évalueriez-vous le parcours des banques centrales mondiales en termes de normalisation des politiques ?

Nous estimons que la plupart des banques centrales sont réactives, plutôt que proactives, face aux développements économiques dans leurs pays respectifs, choisissant de ne pas poursuivre la normalisation des politiques dans leur propre intérêt. Cette approche patiente est appropriée, l'économie mondiale étant plus fragile qu'elle ne le paraît. Plusieurs indicateurs laissent présager un ralentissement de la croissance économique mondiale et les préoccupations liées à l'inflation sont, selon nous, exagérées. Par ailleurs, la Réserve fédérale américaine (Fed) a tendance à faire trop de promesses et à ne pas satisfaire ses objectifs. Nous nous attendons à ce que cela soit le cas cette fois encore. Si la croissance ou l'inflation s'accélèrent, les banques centrales pourront toujours répliquer en augmentant le rythme des hausses de taux.

En quoi les points de vue des marchés et des banques centrales sur l'économie pourraient-ils différer ?

Dans un environnement de croissance, les investisseurs ont tendance à suivre le mouvement en attendant une hausse des taux d'intérêt et à privilégier les actifs à risque. Nous estimons cependant que la Fed ne satisfera pas son objectif de taux d'inflation cette année ou la suivante. Les bénéfices de la réforme fiscale aux États-Unis ne sont pas encore connus. Il convient par ailleurs de ne pas négliger la menace d'une prise de recul par rapport au système commercial international qui a fait progresser les économies au cours des dernières décennies. Pour choisir la voie à suivre, la Fed s'est légitimement concentrée sur l'emploi et l'inflation. Mais nous avons, dernièrement, beaucoup moins entendu les responsables s'exprimer sur les pressions à la hausse sur les prix. Nous estimons que les banques centrales ne s'aventureront pas à commettre d'erreurs de politique en augmentant les taux d'intérêt trop rapidement. Les taux américains devraient, selon nous, rester stables et toute hausse éventuelle suivrait un rythme précis. Les acheteurs non américains avides de rendements pourraient essayer de maîtriser la limite supérieure de cette fourchette au vu de l'attrait relatif des bons du Trésor américain par rapport aux autres obligations souveraines. 

Comment les investisseurs en obligations peuvent-ils atteindre les rendements prévus dans un environnement moins accommodant ?

Nous estimons qu'il est important d'exploiter des opportunités attrayantes, en termes de pays et de duration - indépendamment des indices de référence. L'environnement d'investissement actuel semble favorable aux approches de rendement absolu car différents pays affichent des cycles économiques différents. Nous pensons que la Fed n'augmentera pas ses taux d'intérêt aussi rapidement qu'elle le prévoit alors que l'Australie a fermement interrompu toute progression et pourrait procéder à une baisse des taux. Dans un tel environnement, les investisseurs affranchis de toute contrainte indicielle pourraient profiter de la flexibilité de renforcer la duration en Australie tout en adoptant une approche plus prudente aux États-Unis dans leur quête de réduction des risques du portefeuille. S'aventurer en dehors des indices internationaux en limitant l'exposition aux obligations d'entreprises européennes pourrait également être une approche prudente dans un tel environnement. Nous estimons que les rendements en Europe ne compensent tout simplement pas les investisseurs pour les risques politiques et économiques qu'ils encourent en maintenant une allocation sur le Continent. En ce qui concerne le crédit, les stratégies obligataires qui se sont mises en quête de rendements sur le bas de la structure du capital démentent la nature généralement défensive des obligations et ne devraient guère offrir de  protection dans un environnement d'aversion pour le risque.

Glossaire

Normalisation des politiques – Les banques centrales se sont engagées dans des politiques monétaires inhabituelles depuis la crise financière de 2008/2009. Celles-ci incluent l'abaissement des taux d'intérêt à un niveau proche ou en-dessous de zéro, la mise en place de mesures d'assouplissement quantitatif, qui impliquent l'augmentation de l'offre de monnaie pour acheter directement des actifs afin d'aider à réduire les coûts de financement et stimuler l'économie. La normalisation des politiques consiste en une inversion de ces politiques inhabituellement accommodantes et un retour à des politiques plus normales.

Actifs à risque – actifs ayant tendance à mieux performer lorsque les conditions économiques et de marché sont plus optimistes, telles que les actions ou les obligations moins bien notées. Un environnement d'aversion pour le risque est celui où les conditions ne sont pas favorables pour les actifs à risque et où les actifs plus défensifs ont tendance à réaliser une meilleure performance.

Duration – sensibilité d'un portefeuille ou d'un titre obligataire à l'évolution des taux d'intérêt, mesurée en termes de moyenne pondérée de l'ensemble des flux de trésorerie restants du portefeuille/titre (coupons et principal). Elle est exprimée en nombre d'années. Plus elle est élevée, plus la sensibilité à l'évolution des taux d'intérêts est importante.

Bons du Trésor américain – autre nom donné aux obligations d'Etat américaines.

Performance absolue – la performance totale d'un portefeuille, par opposition à sa performance relative par rapport à un indice de référence. Une approche de performance absolue est axée sur la génération d'un rendement positif au fil du temps plutôt que d'essayer de battre un indice.

Indice de référence – un standard par rapport auquel la performance d'un portefeuille peut être mesurée. Par exemple, la performance d'un fonds d'actions britanniques pourrait être comparée à un indice de marché tel que le FTSE 100, qui représente les 100 plus grandes sociétés cotées à la Bourse de Londres. Un indice de référence est bien souvent appelé un indice.

Structure du capital – fait référence au classement de la distribution des fonds propres et des créances au sein d'une société. Les capitaux figurant dans le bas de la structure du capital sont les plus susceptibles de devoir absorber les pertes si une société rencontre des difficultés.


Les opinions exprimées ici sont celles de l'auteur au moment de la publication du présent document et peuvent différer de celles d'autres collaborateurs/équipes de Janus Henderson Investors. Les références à des titres, fonds, secteurs et indices au sein du présent document ne sauraient être interprétées comme une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente.

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